Municipales 2026 dans les Yvelines : investitures, soutiens, stratégie… LR veut « être présent partout »
- Le Parisien

- 3 janv.
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Dernière mise à jour : 8 janv.
La fédération départementale présidée par Othman Nasrou avance ses pions dans la campagne avec des ambitions importantes. Et un casting qui se précise.
Par Sébastien Birden
Le Parisien
Le 3 janvier 2026 à 11h00

« Conquérir ». En cette période de vœux, celui de la fédération LR des Yvelines est tout trouvé. À deux mois et demi désormais des élections municipales (15 et 22 mars), les instances départementales du parti de droite regardent l’échéance avec de grandes ambitions. Pour leur président, l’ancien secrétaire d’État Othman Nasrou, devenu un cadre du parti dirigé par Bruno Retailleau, il s’agit de profiter de « la bonne dynamique actuelle » pour « reprendre tout ce qui avait été perdu (NDLR : en 2020) ». Et ce « sans perdre une seule mairie ». Autrement dit : « être présent partout. »
Juste avant les fêtes, la fédération, qui compte 55 maires encartés dans les Yvelines - « dix fois plus que n’importe quelle autre formation » - est entrée dans le vif de la campagne en délivrant une première salve d’investitures, notamment dans des villes dites « importantes ». Mais aussi en affichant son soutien à certains candidats jugés compatibles. L’occasion pour le patron des « LR 78 » de rappeler que sa formation « prend ses décisions en toute liberté » et de rejeter ainsi une nouvelle fois l’idée d’un « accord global » avec les autres familles politiques de la droite et du centre. « Il n’y a que des situations locales », insiste-t-il.
Prime aux sortants, encartés ou compatibles
À l’arrivée, peu de surprises en ce qui concerne les plus grandes villes (plus de 30 000 habitants), où l’attribution dépend de la commission nationale d’investiture. Les maires LR en place sont « logiquement » réinvestis, à l’image par exemple de Pierre Fond à Sartrouville (51 000 habitants), même si celui-ci ne s’est pas encore officiellement déclaré. C’est le cas aussi pour Joséphine Kollmannsberger, candidate à un troisième mandat à Plaisir (32 000 habitants).
« Pas de sujet » non plus pour les élus « avec lesquels nous savons que nous pouvons travailler », indique Othman Nasrou. C’est le cas à Versailles (84 000 habitants) de François de Mazières, non encarté, mais qualifié d’« incontournable » par le patron des LR 78. Celui-ci évoque la « grande confiance » accordée au maire sortant tout en soulignant que « nous avons aussi des élus LR de qualité à Versailles. »
Dans le même ordre d’idées, la fédération LR a décidé d’apporter son soutien à Arnaud Péricard (Horizons) à Saint-Germain-en-Laye (45 000 habitants), à Laurent Brosse à Conflans-Sainte-Honorine (36 000 habitants) ou encore à Raphaël Cognet à Mantes-la-Jolie (44 000 habitants). « Pas de problème » pour ces trois maires issus des rangs du parti Horizons, selon Othman Nasrou. Idem pour Éric Dumoulin (divers droite) à Chatou (30 000 habitants), « d’autant que nous y avons Michèle Grellier (première adjointe et maire par intérim) comme cheffe de file. »
Poissy, un cas « compliqué »
Certaines interrogations demeurent toutefois, comme à Poissy (40 000 habitants) où la maire sortante Sandrine dos Santos (LR) et Karl Olive (député Renaissance) se livrent un duel à couteaux tirés. La situation, jugée « compliquée », devrait y être tranchée dans le courant de ce mois de janvier.
À Trappes (34 000 habitants), où il avait lui-même été candidat en 2020, Othman Nasrou explique que « l’idée est d’avoir un rassemblement le plus large possible. » Les LR travaillent ainsi « à un accord » avec pour objectif de faire vaciller le maire sortant Ali Rabeh (Génération. s).
Parmi les villes de la strate inférieure, le parti regarde avec un intérêt appuyé les situations de villes comme Le Vésinet (15 000 habitants) ou Maisons-Laffitte (22 000 habitants).
Des villes « à conserver », d’autres « à reprendre »
La première est une commune « à reprendre » après le mandat de Bruno Coradetti (LREM puis Horizons). C’est le conseiller municipal d’opposition Thibaut Gripoix et vice-président de la fédération qui portera les couleurs, lui qui avait échoué pour 46 voix en 2020. « Il a fait preuve de toutes ses compétences », juge Othman Nasrou.
Maisons-Laffitte est a contrario une ville « à conserver » après le départ annoncé de Jacques Myard (LR). « C’est Franck Lelièvre (NDLR : le candidat soutenu par le maire sortant) qui est le mieux à même de réussir », estime le patron qui voit en l’actuel adjoint « renouvellement et continuité », mais aussi un « LR fidèle au positionnement clair et rassurant ». Rambouillet (27 000 habitants), également, fait partie des communes détenues historiquement par les LR. Avec charge à la maire sortante Véronique Matillon, à nouveau investie, de garder la main.
Restent toutefois des villes où « la décision n’a pas encore été prise ». C’est le cas au Chesnay-Rocquencourt où s’est notamment déclarée candidate l’élue régionale LR Anne Père-Brillault, épouse de l’ancien maire, ou encore à Houilles, commune passée sous bannière Renaissance. « Mais nous y seront présents », assure Othman Nasrou. Comme, le cas échéant, face à des maires de droite. Exemple à Voisins-le-Bretonneux, où la maire UDI Alexandra Rosetti trouvera une liste face à elle. « On ne peut pas soutenir des candidats qui ne veulent pas travailler avec nous », estime pour conclure le président de la fédération.





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